Voie générale

 Antalgiques

Le traitement antalgique est le premier à être mis en place. L’OMS préconise de le démarrer avec le paracétamol (pallier 1) et ne passer au pallier 2 qu’après un échec de sa posologie journalière maximale (4g/j). On associe alors au paracétamol des dérivés morphiniques faibles (dextropropoxyphène, codéine, tramadol), mais se faisant on augmente également les effets secondaires. Le pallier 3 (morphiniques) sera réservé aux seuls épisodes de poussées hyperalgiques du fait de ses effets secondaires importants.

 Anti-inflammatoires

Les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) seront utilisés si les antalgiques seuls ne suffisent pas et le plus souvent en superposition avec eux. Leur usage sera limité dans le temps du fait là encore de leurs effets secondaires importants (hyperacidité gastrique et atteinte rénale possible). Les inhibiteurs de la Cox [1] sont mieux tolérés mais sont contre-indiqués en cas de problèmes cardiaques malheureusement fréquents chez les personnes âgées.

Au total, il faut retenir de la prise en charge de la douleur arthrosique qu’elle doit être de courte durée et aux doses les plus faibles possibles pour minimiser les effets secondaires inhérents aux médicaments utilisés.

La prévention et la diminution de la réaction douloureuse de l’arthrose devront être privilégiées chaque fois que cela sera possible.

L’utilisation de la phytothérapie peut aider la prise en charge de la douleur. L’harpagophytum, la reine des prés et le curcuma peuvent être employés.

L’utilisation de crèmes et gel anti-inflammatoires (kétoprofène, ibuprofène, diclofénac…) peut aider à améliorer ce confort. Là encore certains extraits de plantes ont pu prouver leur intérêt : arnica, eucalyptus citronné, harpagophytum.

 Anti-arthrosiques

Un anti-arthrosique est une produit d’action différée visant à supprimer l’inconfort et à atténuer la réaction douloureuse de l’arthrosique ; idéalement il devrait éviter l’usage des anti-inflammatoires et des antalgiques ou d’en diminuer leurs doses [2].

Le silicium figure parmi les plus anciens anti-arthrosique utilisés en médecine à côté des insaponifiables d’avocat et de soja.

Idéalement, dans un but de prévention et de protection, la prise d’anti-arthrosique devrait intervenir le plus tôt possible. La durée minimale recommandée est de un an [3].

Le maitre mot de l’utilisation des anti-arthrosiques est donc la protection. Mais la chondroprotection senso stricto n’ayant pas été démontrée dans l’arthrose humaine [4], nous préfèrerons employer le terme d’arthro-retardateur pour qualifier l’action de ces produits.

L’effet arthro-retardateur est d’apparition lente mais persistante et peut se superposer à une prise en charge anti-inflammatoire, antalgique et à un traitement chondromodulateur.

 Chondromodulateurs

Au terme de chondromodulateur, trop centré sur le cartilage, l’OARS (OsteoArthritis Reseach Society) préfère désormais le terme de structuromodulateur [5]. Mais le premier étant plus évocateur, nous continuerons donc à l’employer ici.

Là encore, le silicium figure en bonne place. En effet, il intervient dans la synthèse du collagène et des protéoglycanes ainsi que dans la formation de l’os [6] selon un mécanisme encore mal élucidé à l’heure actuelle. Du fait de l’apparition des effets du silicium à des doses très faibles, l’hypothèse d’une activité co-enzymatique semble néanmoins être la plus probable.

A côté de cet oligoélément, nous trouvons la chondroïtine sulfate, la glucosamine et la diarcerhéine.

La chondroïtine stimulerait la synthèse de la matrice en inhibant le catabolisme du collagène et des protéoglycanes. Elle pourrait donc agir en synergie avec le silicium tout comme la glucosamine.

La diarcerhéine agirait en inhibant l’interleukine I. Du fait de ses effets secondaires possibles elle est réservée à la prescription médicale.

Une nouvelle classification tend à regrouper anti-arthrosique et chondromodulateur dans une même classe les anti-arthrosiques symptomatiques d’action lente.

Notes

[1] Evaluation des « anti-arthrosiques » et structuro-modulateurs chez l’homme, Pr. M. LEQUESNE, Ed. Laboratoire Pharmascience, 1999

[2] Les thérapeutiques de l’arthrose, Pr. R. TREVE, Dr. P. BERTIN, Ed. Laboratoire Pharmascience, 1999.

[3] Les thérapeutiques de l’arthrose, Pr. R. TREVE, Dr. P. BERTIN, Ed. Laboratoire Pharmascience, 1999.

[4] Evaluation des « anti-arthrosiques » et structuro-modulateurs chez l’homme, Pr. M. LEQUESNE, Ed. Laboratoire Pharmascience, 1999

[5] Evaluation des « anti-arthrosiques » et structuro-modulateurs chez l’homme, Pr. M. LEQUESNE, Ed. Laboratoire Pharmascience, 1999

[6] Huguet et al., 1991 ; Uthus et Seaborn, 1996.